Centre pour personnes immigrantes

et leurs familles à Lévis

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BIBLIOTHÈQUE VIVANTE « MILLE ET UNE RACINES À EXPLORER… » : UNE EXPÉRIENCE À RENOUVELER !

jeudi, 14 février 2019

L’activité de sensibilisation « Bibliothèque vivante : Mille et une racines à explorer… », organisée le dimanche 10 février dernier en collaboration avec l’équipe de la Bibliothèque Pierre-Georges-Roy de Lévis dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs a connu un franc succès ! Au total, nos quatre « livres vivants », originaires d’Haïti, du Gabon, du Sénégal et du Burkina Faso, ont raconté leur histoire plus d’une vingtaine de fois aux quelque 35 personnes de tous âges venues les rencontrer. Au nombre des visiteurs, nous avons en outre eu le plaisir d’accueillir madame Ndèye Marie Fall, présidente de la Table de concertation du Mois de l’histoire des Noirs de Québec (sur la photo, en compagnie du président du Tremplin, monsieur Elhadji Mamadou Diarra).

En vue de mieux se connaître pour mieux vivre ensemble, l’événement ouvert au grand public voulait encourager des contacts directs et des échanges entre des personnes immigrantes de diverses origines de la communauté noire de Lévis et leurs concitoyens québécois de naissance. Seuls, en famille ou en petits groupes de deux à quatre personnes, les visiteurs sélectionnaient le ou les « livres vivants » qu’ils souhaitaient rencontrer pour entendre son histoire et échanger durant une trentaine de minutes.

Les organisateurs du Tremplin remercient chaleureusement les personnes immigrantes bénévoles qui ont généreusement partagé leurs histoires, les « lecteurs » qui ont écouté et interagi avec eux, le personnel de la Bibliothèque Pierre-Georges-Roy pour leur accueil chaleureux ainsi que la Table de concertation de l’Histoire des Noirs de Québec pour son soutien. Compte tenu de la réussite de cette activité interculturelle, il est à parier que le concept sera renouvelé !

Merci à nos quatre « livres vivants » et à nos indispensables bénévoles à l'accueil.

Et pour ceux et celles qui n’ont pas eu l’opportunité d’y participer, voici un résumé des sujets qui étaient proposés :

 

RebeccaREBBECA AUGUSTIN – HAÏTI : « Immigration: Se déraciner... pour mieux s'enraciner ? »

Originaire d’Haïti, Rébecca Augustin a immigré au Canada en 2015 pour rejoindre son conjoint qui s’y était établi plusieurs années auparavant afin de poursuivre ses études. Bien qu’ils se  soient connus dans leur pays et qu’ils soient restés en contact étroit durant leur relation à distance, Rébecca avait comme l’impression de se retrouver avec un inconnu à son arrivée au  Québec. 

Par sa propre expérience, Rébecca comprend pourquoi elle avait cette perception au début… Selon elle, l’intégration n’est pas seulement se faire de la place là où l’on arrive mais c’est aussi se disposer à adopter les us et coutumes de son nouvel environnement. Elle réalise combien l’immigration touche ceux qui la vivent dans différents aspects. C’est pourquoi sans même s’en apercevoir parfois, on change. 

Mais comment ces changements affectent-ils notre relation avec les personnes de notre communauté d’origine?  Est-ce que la famille et les amis nous perçoivent de la même façon? Et vice versa? Et dans ce contexte, vaut-il mieux immigrer seul ou avec parents, conjoint ou enfants?  Rébecca nous raconte sa propre expérience.

 

HuguetteHUGUETTE MAROUNDE – GABON: « Mbolo… Ou la culture du bonjour ! »

Avant d’immigrer au Canada comme travailleuse qualifiée,  Huguette a vécu en France pendant 8 ans et demi. Elle y a fait une partie de ses études supérieures, obtenant un Master recherche en Aménagement et développement des paysages et un Master professionnel en Aménagement forestier. Après ses études, n’ayant pas obtenu d’emploi en rapport avec sa formation, elle immigre au Canada, espérant y travailler dans son domaine. Mais l’immigration possède de nombreuses facettes parfois difficiles à cerner, et cela même dans des pays comme le Canada, qui promeuvent l’immigration  choisie.

Comment l’immigrant vit-t-il, et surtout conjugue-t-il sa vie au quotidien dans un monde nouveau? Comment s’intègre-t-il face aux changements? Mais aussi face au besoin de s’enraciner dans une société choisie mais sans racines? Quel que soit l’endroit où l’on décide de s’implanter, on transporte inexorablement nos us, nos coutumes, nos origines et notre vécu, qui nous servent de mesure, de poids, de compassion face à l’autre. Mais dans  un monde inconnu, même choisi, il y a toujours des facettes invisibles de l’immigration qui nous surprennent par rapport à nos racines. Pour Huguette, ce sont les relations humaines qui ont été les plus marquantes. Née dans un pays où la « culture du bonjour » est intrinsèque, elle nous raconte comment elle a dû s’adapter à l’individualisme nord-américain.

 

ElhadjiELHADJI MAMADOU DIARRA – SÉNÉGAL : « Nos racines profondes peuvent-elles mourir un jour ? »

Janvier 2019 marquait le 24e anniversaire de l’arrivée d’Elhadji Mamadou Diarra au Canada. Aujourd’hui parfaitement intégré, il travaille et vit à Lévis avec sa famille et s’implique dans sa communauté. Comme président du Tremplin, Centre pour personnes immigrantes et leurs familles, il contribue notamment à favoriser l’accueil et l’intégration des personnes immigrantes à Lévis. Mais où sont maintenant ses véritables racines?

Après un quart de siècle passé loin de son pays natal, que reste-t-il de notre culture, de nos us et coutumes, de nos liens avec nos proches? Peut-on être si bien ancré dans son pays d’accueil qu’on en oublie celui d’origine? Est-ce qu’on regarde plus en avant qu’en arrière? Ou l’inverse? Elhadji nous partage ses mille et une réflexions…

 

Jean HilaireJEAN-HILAIRE BABINE – BURKINA FASO : Conte africain d’origine mossi : « Le crocodile et le lièvre »

Parrainé par les Marianistes dirigeant le Collège catholique Saint-Jean-Bosco de Treichville, en Côte d’Ivoire, Jean-Hilaire Babine, infirmier diplômé d’État (IDE) au Centre médical chirurgical de Nanoro, au Burkina Faso, a mis sept ans pour franchir toutes les étapes lui permettant d’immigrer au Canada. Arrivé il y a une dizaine d’années et citoyen canadien depuis 2013, il est aujourd’hui diplômé du cégep de Lévis-Lauzon et termine actuellement son baccalauréat en sciences infirmières à l’UQAR, campus de Lévis.

Aux temps où les animaux parlaient et cohabitaient avec les hommes, une étrange histoire mettant en scène un chasseur, un crocodile, un lièvre, un cheval, une vache et un âne survint dans une contrée lointaine de l’Afrique, révélant la nature profonde de chacun…

Dans un langage coloré, enthousiaste et accessible, Jean-Hilaire nous raconte ce conte représentatif de l’art oral africain et invite les jeunes spectateurs à y participer. Tout en s’amusant, petits et grands en retiendront quelques conseils et leçons… comme le veut la tradition !